L'autiste cet éternel prisonnier
Chaque être humain a une liberté restreinte, mais pour les autistes cette liberté diminue en fonction de son mal-être et de ce que la maladie lui laisse comme porte de sortie.
La liberté de s'exprimer ; soit par l'écrit, soit par l'oral ou par la gestuelle, permet d'extérioriser et de communiquer. Ne pas pouvoir communiquer est une porte de prison en acier galvanisé. Voir son père, sa mère s'évertuer à nous parler, et ne pas saisir ce qu'ils veulent de vous, est un enfer que je ne souhaite pas même à mon pire ennemi.
La liberté de penser, est un pouvoir qui nous permet d'accéder à l'apprentissage et à l'analyse. Avoir des pensées qui s'entrechoquent sans trouver un but , une cohésion, ferme une porte en fer forgé. Ne pas se rendre compte du temps, des sentiments ; ne pas répondre à l'amour de ses parents parce qu'on est pas conscient que cet amour est profond, mais qu'on le ressent quand même, c'est comme cogner dans du caoutchouc en espérant faire mal.
La liberté de son corps, c'est pouvoir marcher sans traîner les pieds, sans trébucher, sans tomber. Arriver à manger à table sans avoir à sauter devant son assiette, ou courir dans la maison puis revenir manger froid, et parfois juste avec les doigts, car on ne peut pas saisir la cuillère ou la fourchette. Pouvoir simplement donner la main à ses parents sans être pris de crises de convulsions. Ne plus baver sur ses vêtements ou uriner dans ses pantalons, est le plus élémentaires des respects que nous ayons. Ne plus avoir cette estime, c'est cadenasser une porte blindée.
La liberté d'aimer, c'est sans doute la plus aérienne de toutes, car elle ne s'explique pas. Ne pas ressentir d'empathie, avoir peur de tout, ne pas avoir d'amis, ne pas pouvoir répondre à l'amour des siens, est la porte des enfers. Un monde sans amour est un monde froid et amer, un espace que l'on comble avec ce à quoi il nous ait permis d'accéder. Les autres, appellent cela : la folie !
Imaginez, ne serait-ce qu'un instant, que c'est tout ce qui est à votre disposition, la folie. Cette absurdité qui fait de vous des monstres qu'on enferme. De préférence entre eux, et loin des villes pour ne pas déranger les bonnes gens, apeurées par ces comportements si loin de leur compréhension. S'ils pouvaient comprendre que leur peur n'est qu'un millième, par rapport à la peur qu'ils engendre chez certains autistes.
Bien sûr on se donne mille excuses pour agir ainsi :
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c'est pour leur bien
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on ne peut pas s'en occuper correctement
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ils sont agressifs
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je laisse faire les spécialistes
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au moins là, ils ne souffrent pas
Démontons ces pseudo arguments qui ne sont que prétextes :
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que savez-vous de leur bien, puisque vous ne savez pas ce qui leur fait mal ?
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Quand on veut on peut. Nous pouvons nous unir pour leur donner une vie meilleure. C'est notre égoïsme, notre égocentrisme qui fait de leur vie une prison.
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Bien sûr cela fait partie de leur maladie, mais cela se soigne. Il existe des médicaments naturels ou chimiques pour rendre les autistes moins agressifs.
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En matière de spécialistes, ils n'existent pas vraiment puisqu'on ignore encore les tenants et aboutissants de cette maladie. Ce ne sont pour la plupart, que des gardiens de cellules, des dealer de drogues, des bourreaux.
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Justement c'est là, dans les institutions, où ils souffrent le plus. Séparés de leur famille, de leur maison, de leurs habitudes, drogués, obligés de se plier à une discipline qui ne leur convient pas.
L'autiste est à la fois adulte et enfant, intelligent et idiot, adorable et détestable, mais il reste un être humain ; vouloir traiter tous les autistes de la même manière, c'est oublier cette évidence première.
Ce monde est devenu un espace fait par et pour les idiots utiles, comme les appelait Lénine. Tous ceux et celles qui ne peuvent le faire tourner sont rejetés ; les vieux/vieilles, les handicapés de tous genres, les malades... Nous ne vivons que par et pour le travail, tout est pensé et organisé en fonction de cela, et notre vie est bloquée dans cette optique : « je ne peux pas venir, je travaille, je voudrais bien t'aider mais je travaille, je ne suis pas libre je travaille... » Les enfants ne vont pas à l'école pour s'instruire, mais pour en faire de futurs travailleurs. Les parents n'ont pas de temps à accorder à leurs enfants, tout accaparés qu'ils sont par leur travail. Ce temps si précieux qui nous est offert, a été enfermé dans une boucle qui est aussi notre prison. Une prison de peur et d'obligations, de lois et de gouvernance auxquelles nous ne comprenons que peu de choses. À notre manière, nous sommes tous autistes.
Certains/es ont passé le cap et jouissent de leur vie ; toutefois la gouvernance ne l'accepte pas ; les esclaves doivent rester des esclaves car sans eux plus de privauté.
Savez-vous que huit personnes sur la planète détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale?
C'est pour rendre les riches plus riches encore que vous délaissez vos enfants, vos parents et les plus faibles d'entre tous. La honte devrait vous submerger s'il vous restait quelque notion d'humanité.Cependant, on ne peut pas vous en vouloir, car vous êtes prisonniers d'uns système. Faites attention tout de même que ce système n'éclate un jour comme un ballon de baudruche, vous laissant sur le pavé comme vous l'avez fait avec vos semblables. Vous vivez comme autant de robots oubliant votre âme et la vie. Qu'allez-vous devenir sans solidarité, sans compassion, sans espoir ? Sur le Titanic de la vie, vous êtres en troisième classe.
Et pourtant on pourrait faire différemment ! Unissons-nous ! Venez grossir les rangs de notre association pour que nous retrouvions ensemble la joie de vivre pleinement et avec tous .
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